Comment améliorer la ventilation en appartement ?
Vous habitez dans un appartement, et vous avez besoin d’améliorer l’efficacité du renouvellement d’air ? Si l’air de votre logement s’évacue actuellement via une colonne collective et sans motorisation (ventilation naturelle), voici ce que vous avez besoin de savoir avant de vous lancer dans des travaux.
Comment fonctionne la ventilation naturelle ?
Le renouvellement d’air dans les logements est l’un des points essentiels pour garantir la qualité de l’air intérieur, qui est plus pollué que l’air extérieur et souvent plus humide.
Il existe plusieurs systèmes de ventilation. La ventilation naturelle, très répandue dans les logements construits avant 1974, fonctionne grâce au principe de tirage thermique, sans aucun dispositif mécanique. C’est la différence de température entre l’air extérieur et l’air intérieur qui crée une aspiration de l’air du logement. Le conduit d’aération est souvent une colonne collective, qui permet l’extraction de l’air des pièces humides (cuisine, WC, salle de bain…) pour tous les logements d’un même bâtiment.
Ce système, bien que naturel et sans consommation électrique, a ses limites. Le tirage dépend de la température extérieure et du vent, et peut donc ne pas suffire. Dans certaines conditions, vous pouvez ressentir des mouvements d’air désagréables et les pertes de chaleur peuvent devenir importantes, faisant augmenter votre facture de chauffage.
Améliorer la ventilation existante
Avant de se projeter sur d’importants travaux de rénovation du système de ventilation, vous pouvez déjà vérifier et optimiser votre ventilation actuelle.
L’entretien
Assurez-vous du nettoyage des grilles de ventilation ainsi que des réglettes d’entrée d’air au-dessus des fenêtres si vous en avez. La poussière s’y accumule rapidement, diminuant le passage de l’air : retirez-la et nettoyez la grille à l’eau et au savon plusieurs fois par an.
Attention, ne bouchez jamais les réglettes d’entrée d’air ! Elles sont nécessaires pour garantir la qualité de votre air. Si la quantité d’air entrant vous semble démesurée, elles sont peut-être mal réglées ou mal dimensionnées.
Ouvrir les fenêtres
Un système de ventilation ne dispense pas d’ouvrir les fenêtres ! Pour garder un intérieur sain, il est conseillé d’ouvrir les fenêtres entre 5 et 10 minutes matin et soir. Pensez à couper le chauffage lorsque vous le faites.
Pour limiter les pertes de chaleur en hiver, il est préférable d’ouvrir en grand pendant quelques minutes plutôt que de seulement entrouvrir les fenêtres sur une plus longue durée. En effet sur un temps court, seule la température de l’air (facile à réchauffer) aura diminué, les murs et meubles (plus difficiles à réchauffer) n’auront pas eu le temps de se refroidir.
Rechercher les causes en cas de problème particulier
Si vous avez constaté un problème particulier (taux d’humidité élevé, moisissures, mauvaises odeurs…), vous devez en rechercher la cause pour pouvoir traiter efficacement ces désagréments. L’ALEC peut vous donner de premières pistes si besoin, sinon il faudra faire intervenir des professionnels.
Si le changement du système de ventilation s’impose, voici ce que vous devez savoir.
Les solutions individuelles sont limitées
Si votre conduit d’évacuation est collectif, vos options sont restreintes.
Pas de modifications possibles au niveau de la colonne
Vous ne pouvez rien modifier au niveau de la colonne collective à l’échelle de votre logement. Vous pouvez être tenté d’installer un extracteur motorisé (ventilation mécanique répartie) sur cette colonne : mauvaise idée ! C’est interdit. L’extracteur pousserait de l’air dedans, augmentant la pression dans le conduit. Ce dispositif peut perturber la ventilation des autres logements. Il risque d’ailleurs de ne pas bien fonctionner à votre niveau s’il y a plusieurs mètres de colonne au-dessus. Il peut aussi faire refluer dans les autres logements de l’air vicié et des mauvaises odeurs.
Et s’il y avait déjà un extracteur quand j’ai emménagé ?
La responsabilité vous incombe et vous êtes tenu de le retirer. Si le syndic venait à en être informé (par exemple si des voisins se plaignaient d’un quelconque désagrément), il pourrait exiger son retrait.
Solutions envisageables : VMR ou VMC avec évacuation en façade
Comme la colonne collective n’est pas une solution pour extraire l’air via un nouveau système, c’est directement en façade que vous devrez l’évacuer. Les deux solutions envisageables sont la Ventilation Mécanique Répartie ou la Ventilation Mécanique Contrôlée.
Ventilation Mécanique Répartie (VMR)
- C’est souvent la solution la plus simple à installer techniquement dans un appartement. Il s’agit d’un extracteur d’air (petit caisson motorisé) inséré dans une percée au sein d’un mur situé entre une pièce humide et l’extérieur. Cela convient bien pour les pièces humides qui donnent sur l’extérieur. En revanche, pour celles qui seraient au milieu du logement, il faudrait créer une goulotte pour la relier à l’extérieur.
- Notez bien qu’il vous faudra demander une autorisation à la copropriété, voire à la mairie, pour pouvoir percer la façade.
- Coût : 1 000 à 1 500 € HT fournie et posée (davantage s’il faut créer une goulotte)
Ventilation Mécanique Contrôlée (VMC)
- Il s’agit d’un caisson motorisé qui est relié aux bouches d’extraction par des gaines, et qui extrait l’air à l’extérieur du logement. On le croise rarement en appartement puisque cela nécessite d’avoir des espaces pour placer le caisson motorisé, faire circuler les gaines, et le bruit du moteur peut être dérangeant.
- Le perçage de la façade nécessitera aussi une autorisation de la copropriété, voire de la mairie.
- Coût : autour de 1 500 € HT fournie et posée (plus si les travaux nécessite des aménagements tels que création de coffres pour le passage des gaines).
Quel que soit le système, vérifiez que vous avez des réglettes d’entrée d’air sur les fenêtres des pièces de vie et faites-en ajouter le cas échéant. Si vous aviez encore des bouches d’entrée d’air en bas de murs, vous pouvez tout simplement les boucher (sans autorisation à demander). Idem pour les anciennes bouches d’évacuation situées sur la colonne.
Par ailleurs, veillez à l’entretien de votre dispositif. Nettoyez la poussière des bouches d’extraction et des entrées d’air plusieurs fois par an. Pour le caisson moteur d’une VMC, l’entretien par un professionnel est fortement conseillé tous les 2 ou 3 ans pour éviter son encrassement et donc une surconsommation d’électricité, et optimiser sa durée de vie.
Autres solutions à décider collectivement, avec la copropriété
Pour améliorer un système de ventilation naturel à l’échelle collective, deux solutions peuvent être étudiées :
La ventilation naturelle avec moteur (appelée Ventilation Naturelle Assistée (VNA)) ou aussi appelée ventilation naturelle hybride : un moteur est installé en haut du conduit collectif et vient prendre le relai de la ventilation naturelle lorsqu’elle n’est pas suffisante. Le moteur fonctionne donc en intermittence et consomme peu d’énergie. Il faut aussi prévoir le remplacement des bouches d’extraction.
La Ventilation Basse Pression : le moteur est également installé en haut du conduit maçonné existant, mais fonctionne en permanence.
Pour aller plus loin
- Notre conseil du mois de décembre, « L’air intérieur est-il pollué chez moi ?» – ALEC Montpellier Métropole
- Le guide « Comment améliorer la qualité de l’air chez soi ?» – ADEME
- La page dédiée à la ventilation sur notre site internet – ALEC Montpellier Métropole
- La page « La ventilation naturelle : fonctionnement, avantages, inconvénients et conseils» – Association QUALITEL
